Ce qui ne change pas en visio : le cadre

Une séance en visio dure le même temps qu’au cabinet et se prépare avec le même soin. La première consultation reste un temps long, une heure et quart, pour comprendre ce qui vous amène et décider de la suite. Le tarif est le même.

La confidentialité ne change pas non plus : rien n’est enregistré, et je vous reçois depuis un lieu fermé où personne ne m’entend. La Haute Autorité de santé pose des exigences voisines aux professionnels médicaux qui consultent à distance : un lieu calme qui respecte la confidentialité des échanges, une personne informée avant la séance et dont le consentement est recueilli, une consultation interrompue dès que la distance n’est plus adaptée. Je ne suis pas médecin ; je m’y tiens de la même façon.

Ma façon de travailler ne change pas : pas de diagnostic, pas de prescription, un travail sur le fonctionnement et le quotidien, et une orientation franche quand une autre porte, médecin, psychologue, psychiatre, est plus juste. « Psychopédagogue » n’est pas un titre réglementé : l’écran n’y change rien.

Ce qui change vraiment en visio : le lieu, le corps, la fatigue

Le lieu, d’abord. Au cabinet, vous venez chez moi ; en visio, je viens chez vous. Pour certains, c’est un soulagement : pas de trajet, pas de salle d’attente. Pour d’autres, c’est plus délicat : la maison est aussi le lieu du conflit, ou celui où les enfants frappent à la porte. Nous le vérifions ensemble.

Le corps, ensuite. À l’écran, je vois votre visage et vos épaules, rarement vos mains. Je perds des informations, et je compense : je demande plus souvent ce que vous ressentez, je nomme ce que je ne vois pas, je laisse plus de silence.

La fatigue, enfin. Une heure d’écran demande une autre attention qu’une heure dans un fauteuil ; j’en tiens compte, et je vous déconseille d’enchaîner sur une réunion.

Ce que je regarde, et ce que l’écran me cache

En visio, je regarde d’abord comment vous vous installez : porte fermée ou non, voix basse comme si quelqu’un pouvait entendre, regard qui part hors champ. Ces détails me renseignent sur la sécurité du lieu, parfois sur ce qui se joue à la maison.

Je regarde ensuite ce que la distance fait à la parole. Certains adolescents, dans leur chambre, parlent plus librement qu’au cabinet ; d’autres s’y dérobent, caméra coupée, réponses courtes. Ce n’est pas un problème : c’est une information sur ce dont ils ont besoin pour se confier.

Ce que l’écran me cache, je le dis : l’agitation du corps, les mains qui se tordent, la respiration qui se bloque. D’où ma proposition, parfois, de basculer au cabinet ou d’alterner.

Ce qui se vit bien en visio, et ce qui ne s’y prête pas

La visio est faite pour l’échange et la réflexion partagée. Tout ce qui repose là-dessus s’y vit bien : avec les adolescents, la méthode, l’organisation, l’anxiété scolaire ; avec les adultes, le stress, les transitions de vie, l’épuisement, les émotions ; avec les parents, la guidance parentale, y compris autour d’un TDAH ou d’un haut potentiel. Un suivi engagé au cabinet peut se poursuivre en visio, ou en alternance.

Certaines situations ne s’y prêtent pas. Les enfants de moins de 12 ans sont reçus au cabinet : ils ont besoin de supports concrets, de mouvement, de ma présence. L’EMDR et certains bilans : au cas par cas. Toute crise aiguë, danger ou idées noires : la distance n’est pas le bon cadre, les secours et les soignants d’abord.

SituationEn visioPlutôt au cabinet
Adolescent : méthode, organisation, anxiété scolaireOui, très bienS’il le préfère
Adulte : stress, transition, épuisement, émotionsOui, très bienSi vous y êtes plus en sécurité
Parents : guidance parentale, seul ou à deuxOui, très bienSelon votre choix
Enfant de moins de 12 ansNonOui, toujours
EMDR, certains bilansAu cas par casSouvent préférable
Crise aiguë, danger, idées noiresNonNon plus : les secours d’abord

Quoi préparer avant la première visio

  1. Choisissez un endroit fermé, où l’on ne vous entend ni ne vous dérange pendant une heure : une pièce à part, une voiture à l’arrêt.
  2. Prévoyez un casque ou des écouteurs, pour votre confort et pour la discrétion.
  3. Testez connexion et caméra la veille, depuis l’appareil que vous utiliserez, chargeur à portée de main.
  4. Prévenez votre entourage et, pour un adolescent, convenez avec lui de qui est dans la pièce.
  5. Communiquez-moi un numéro où vous joindre et l’endroit d’où vous consultez : si la connexion coupe, je dois pouvoir vous rappeler ou vous orienter.
  6. Notez vos questions, même naïves, et ce que vous attendez de cette première rencontre.

Ces phrases-là, je les entends

Si l’une vous ressemble, la visio est peut-être une porte plus simple que prévu.

  • Je ne peux pas me déplacer, mais je ne veux pas attendre d’aller mieux pour consulter.
  • Mon ado ne veut pas entrer dans un cabinet, mais il accepterait de parler depuis sa chambre.
  • Je vis à l’étranger et j’ai besoin d’un accompagnement en français.
  • J’ai peur que, derrière un écran, on ne se comprenne pas vraiment.
  • Entre le travail et les enfants, une heure de trajet en plus, c’est une heure que je n’ai pas.

Quand consulter un psychopédagogue en visio, et qui d’autre

Consulter en visio vaut la peine quand la difficulté dure, que la distance, le temps ou la mobilité empêchent de venir au cabinet, et que votre besoin repose sur l’échange. Si vous hésitez sur la bonne porte, la fiche Psychologue ou psychopédagogue : qui consulter ? vous aidera. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112 en France, ou les urgences de votre pays ; le 3114, prévention du suicide, est gratuit et joignable à toute heure depuis la France.

Concrètement, les séances en visio s’adressent aux adolescents, aux adultes et aux parents, y compris en guidance parentale, seul ou à deux. Réservation, règlement et lien de connexion sont détaillés dans les questions ci-dessous ; depuis l’étranger, les horaires suivent votre fuseau et les séances se font en français.

Sur ameli.fr, la consultation à distance prise en charge par l’Assurance Maladie est décrite comme celle qu’un médecin réalise avec son patient, par vidéotransmission. Mes séances ne sont pas remboursées, en visio comme au cabinet ; certaines mutuelles participent. Voir les tarifs et le règlement.

Questions fréquentes

La visio est-elle aussi utile qu’une séance au cabinet ?

Pour les adolescents, les adultes et la guidance parentale, oui : l’essentiel tient dans l’échange et la réflexion partagée, qui passent très bien à distance. Les enfants de moins de 12 ans sont reçus au cabinet ; l’EMDR et certains bilans s’évaluent au cas par cas.

Mon adolescent peut-il consulter en visio sans que je sois dans la pièce ?

Oui, avec votre accord, et c’est même ce que je recommande : il a besoin d’un espace à lui pour parler librement. Nous convenons au premier rendez-vous de ce qui vous est restitué et de ce qui reste entre lui et moi, avec une exception, que je lui annonce : s’il est en danger, je vous préviens. Un adulte reste joignable pendant la séance.

Que se passe-t-il si la connexion coupe pendant la séance ?

Nous reprenons dès que possible, par le même lien. Si la coupure dure, je vous appelle au numéro que vous m’avez communiqué. Si la séance ne peut pas se tenir correctement, nous convenons ensemble de la suite : un report ou un temps complémentaire.

Comment se passent la réservation et le règlement en visio ?

Vous choisissez un créneau « en visio » sur l’agenda en ligne. Le règlement se fait par virement avant la séance ; le lien Google Meet vous est envoyé par e-mail une dizaine de minutes avant l’heure. Le tarif est le même qu’au cabinet ; annulation ou report possibles jusqu’à 48 heures avant.

Je vis à l’étranger : est-ce possible, et à quelles heures ?

Oui. Les séances se font en français, sur Google Meet, à des horaires convenus selon votre fuseau ; le virement est reçu avant la séance. En cas de crise aiguë ou de danger, la distance n’est pas le bon cadre : je vous orienterai vers les secours de votre pays.

Sources utiles